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| Lamia Cross, croisement réussi entre pop, techno et rock |
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Troisième groupe à monter sur la scène du CCO de Villeurbanne, LAMIA CROSS c’est Lamia, une japonaise exilée en France, et Fabrice, aux allures de métalleux à faire changer de trottoir les petites dames. Ils mélangent les styles pop, techno et rock, pour donner un rythme détonnant et entraînant.
Racontez-nous vos débuts
Lamia (L) : Quand on a commencé, on touchait surtout le marché américain. Nous étions plus orientés métal, et mélodique au niveau du chant. Je chantais un mélange franco-anglais, ça plaisait bien. Etant japonaise, lorsque j’ai chanté en japonais, le public français, principalement par le biais des conventions, s’est intéressé à nous.

Comment s’est faite cette association de style ?
L : Moi j’étais clubbeuse, lui métalleux, et malgré ces univers radicalement différents, on a trouvé notre propre style.
Fabrice (F) : Dans le style techno-métal, il y a énormément de groupes aux Etats-Unis et très peu en Europe hormis en Allemagne. La différence, c’est que nous avons un chant beaucoup plus pop.
L : Le métal, la techno, et la pop, voilà notre originalité.
Et le rap, c’est pour quand ?
L : On n’est pas très rap.
F : T’amènes les sujets qui fâchent.
L : Le rap n’est pas de ma culture. J’ai grandi au Japon, en faisant du karaoké.
Qu’est-ce qui t’a choqué au niveau musical en arrivant en France en 1995 ?
L : Les vieux trucs, toujours les mêmes, à la TV.
F : Tu amènes un deuxième sujet qui fâche.
L : Au Japon, même dans les dessins animés pour les mômes de maternelle, il y a de la guitare électrique. Au niveau musical, on a l’esprit ouvert contrairement à la France. Mais ce n’est pas de la faute du public. Ce sont les médias et les labels qu’il faut blâmer.
F : La musique en France est un moyen d’avoir la paix sociale. Ce qui passe à la tv ne reflète absolument pas la diversité culturelle, ni ce que les gens vont voir en concert. La tv nous assène de la pop et du rap. Pensez-vous qu’en France, on écoute plus du rap que de rock ?

Aucune chance alors de vous voir à la tv un jour ?
F : Si, si on change de gouvernement... ou de style de musique. Vous êtes là vous. L’engouement qu’il y a actuellement pour la musique japonaise, les médias commencent à en parler, à pousser le phénomène, et à délaisser un peu le rap. Regardez les cinq groupes qui sont à l’affiche du festival, aucun n’a une grosse carrière, aucun n’appartient au top ten des ventes d’albums. Pourtant de plus en plus de médias s’y intéressent.
L : En France, le copinage et le piston priment. La musique est toujours dominée par les mêmes, ils restent dans leur pré carré, et bloquent toute évolution.
Comment vous êtes-vous fait connaître ?
L : Il y a toujours un public.
F : La chance de notre génération, c’est internet, Myspace, ... Ce phénomène fait bouger le monde. Les politiques et les maisons de disques n’ont aucun pouvoir là-dessus. Hormis peut-être en Chine, et encore.
L : Géographiquement, il n’y a plus de limites. Contrairement aux tournées, où il y a toujours des problèmes de budget, de logistique… Sur internet, tu as le son et l’image, tu peux en plus communiquer, depuis n’importe où sur la planète, voire ailleurs ! (rires)
F : A l’avenir, le public ne se déplacera même plus pour aller en concert.
N’est-ce pas un peu triste ?
L : Si.
F : Non ! Prenons l’exemple de Kiss. Pour leur dernière tournée à Las Vegas, ils ont fait un concert avec un public très limité, et ont retransmis le concert sur le net, moyennant finances. Ils ont eu 1 milliard de connections. Quel groupe au monde a eu un tel public en tournée ? Aucun, même Michael Jackson n’a jamais touché autant de monde en même temps. Heureusement, il reste l’énergie du live différente de celle de la retransmission.
Nous sommes aujourd’hui à Lyon, imaginez, vous mettez 6-7 caméras, et des personnes aux States peuvent assister au concert. Ca reste du live. Idem, si un jour on tourne aux States, tu pourras nous regarder. C’est une chance que les groupes des années 80 n’avaient pas.
Quels sont vos projets ?
L : On continue de composer, et puis on a les conventions.

Bientôt un nouvel album ?
L : Non, il faut beaucoup de chansons pour avoir le choix, et faire un album cohérent. De plus, on vient de sortir le deuxième il y a peu.
F : Il faut aussi beaucoup d’argent. Tant que nous ne sommes pas signés, le pressage en autoproduction reste à notre charge. Sur ce deuxième album, il y a des morceaux qu’on travaille depuis un an et demi. J’en ai d’autres. Mais il faut des moyens financiers pour faire un bon produit. Quoiqu’il en soit, nous continuons de composer, les nouvelles chansons seront sur notre site internet. Envoyez-nous vos dons, et on vous fait un album tous les mois !!!
L : Ce soir, nous jouerons en exclusivité deux titres inédits. Donner de la nouveauté à chaque show voilà notre credo.
Interview réalisée par Dominique Jacquemoud
Photos de Maxime Roccisano
31 mai 2008, CCO de Villeurbanne
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| Auteur |
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| Dominique Jacquemoud |
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| 17/08/2008 |
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