Akira Kurosawa, 1910-1998, est certainement le réalisateur japonais le plus célèbre. Il a profondément influencé plusieurs générations de réalisateurs. Benjamin d’une famille de 7 enfants, il descend d’une grande famille de samouraïs. Son père, un ancien militaire, donne une éducation stricte à ses enfants. Son enfance est marquée par plusieurs drames : la mort de sa soeur, le suicide du frère qu’il idolâtrait, ainsi que le tremblement de terre du Kanto de 1923. Grâce à son père cinéphile mais surtout à son frère Heigo, qui est commentateur de film muet, il acquiert une solide culture cinématographique. Passionné par la peinture, il refusera cependant de s’inscrire à l’École des Beaux-Arts. Il s’engage dans des actions militantes gauchistes dont il finira par se lasser. Alors qu’il gagne sa vie comme illustrateur de livres, il devient assistant-réalisateur pour le studio Photo Chemical Laboratory. Il vend plusieurs scénarios mais les producteurs refusent qu’il les réalise. C’est en 1943, qu’il réalise, dans un climat de censure, son premier film, “La Légende du grand judo“, qui connaît un succès très important au Japon. Dans ses films, il décrit la société humaine, la pauvreté, la violence urbaine, la destruction de l’environnement, la vieillesse… il fait également des fresques sur l’époque médiévale. “Rhasomon“ sera le film de la consécration mais aussi celui de la reconnaissance du cinéma japonais en Europe (Lion d’Or à la Mostra de Venise en 51) et en Amérique (Oscar du meilleur film étranger). Il enchaîne les succès avec “L’Idiot“, “Les sept Samouraïs“, “Le Château de l’araignée“, “Barberousse“. Son style se caractérise par une technique qu’il a développé dans les années 50. Il filme de loin, au téléobjectif, ce qui lui permet un rendu particulier de l’image mais aussi de ne pas troubler le jeu des acteurs. Il tourne également avec plusieurs caméras, ce qui lui permet de filmer une même scène sous plusieurs angles. Enfin, il utilise remarquablement les événements naturels (pluies, brouillard) pour renforcer les ambiances. Très perfectionniste, il était connu sous le nom de Tenno, littéralement “l’Empereur“, pour sa manière dictatoriale de filmer. Le Catalogue de l’exposition du Petit Palais, présente une sélection de dessins de ce cinéaste qui fut également un dessinateur d’un talent exceptionnel. Beaucoup de ses dessins préparatoires à ses films ont été conservés. Près de 90 dessins sont révélés au public qui pourra les apprécier pour leur extraordinaire charge émotionnelle propre, indépendamment de toute référence aux films réalisés. Paris-Musées, catalogue relié - 120 pages, 87 illustrations couleurs, 300 x 350 mm, ISBN : 978-2-7596-0055-7. |