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Au début des années cinquante, Rashômon révèle aux Occidentaux l’importance du cinéma japonais. Le film remporte coup sur coup le Lion d’or à Venise et l’Oscar à Hollywood. Son auteur, Akira Kurosawa, fondamentalement attaché à la culture de son pays, est tout aussi féru de culture classique occidentale. Il fait toute sa carrière au sein du système des puissants studios japonais (Shochiku, Toho) comme scénariste et surtout comme réalisateur, alternant les genres : cinéma d’action – de La Légende du grand judo à Sanjuro –, grandes fresques historiques flamboyantes – Kagemusha, Ran –, films noirs – Chien enragé –, drames contemporains intimistes – Vivre – ou adaptations d’auteurs occidentaux (Shakespeare, Gorki, Dostoïevski). Cinéaste comblé par le succès public et la reconnaissance critique internationale, Kurosawa a encore aujourd’hui une influence considérable, sur le western par exemple. Clint Eastwood confie volontiers que Yojimbo est pour lui source d’inspiration. Son cinéma scrute l’écart entre la culture féodale traditionnelle, fondée sur la négation de l’individu, et l’apprentissage de la démocratie dans un monde corrompu par le pouvoir et l’excès de l’affirmation de soi. Les contradictions du Japon moderne sont la richesse de son œuvre. Concilier l’esprit du Japon des samouraïs et l’humanisme est la vertu majeure de son cinéma. Charles Tesson est critique et enseignant à l’université de Paris III, Sorbonne Nouvelle. Il est l’auteur d’ouvrages sur Satyajit Ray et Luis Bunuel aux Cahiers du cinéma.
Cahiers du Cinéma, coédition Le Monde, coll. Grands Cinéastes, broché, 2008, 96 p, 100 photos couleurs et n&b, 18,5 x 23 cm. ISBN : 978 2-86642-5043.
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