Neuf
C’est à travers l’importation d’un genre populaire, le film de kung-fu, et d’une star internationale, Bruce Lee, que les spectateurs occidentaux ont d’abord fait connaissance avec le cinéma chinois. Au cours des quinze dernières années, les films chinois ont gagné toutes les grandes récompenses internationales, conquis le grand public et transformé de manière irréversible le cinéma d’action, à Hollywood comme partout ailleurs.
S’il est légitime aujourd’hui de parler d’ « un » cinéma chinois - il existe un monde chinois, une culture chinoise, reflétés par le cinéma qui en est issu - il y a bien, en fait, quatre cinémas chinois : ceux de Chine continentale, de Hong-Kong, de Taiwan et de la diaspora chinoise, dotés chacun d’une identité spécifique forgée par les grandes tempêtes de l’histoire du 20e siècle.
Jean-Michel Frodon retrace un siècle d’histoire, jalonnée d’œuvres exceptionnelles et incarnée par des figures marquantes de réalisateurs comme d’acteurs. On peut citer en Chine, Le Roi des enfants de Chen Kaige, Epouses et concubines de Zhang Yimou, avec Gong Li, The World de Jia Zhangke ; à Hong Kong, L’Hirondelle d’or de King Hu, The Killer de John Woo, In the Mood for love de Wong Kar-wai, avec Maggie Cheung, à Taiwan, Le Maître de marionnettes de Hou Hsiao-hsien, Yiyi de Edward Yang. L’auteur met en évidence les principaux traits stylistiques du cinéma chinois, leurs relations avec la culture de cette région du monde, les multiples apports spécifiques de la Chine au langage cinématographique.
Cahiers du Cinéma, coédition Scéren-CNDP, coll. Les petits Cahiers, 96 p, septembre 2006, 13,5x19 cm. ISBN : 2-86642-464-6.